Plus de 30 kg d’ivoires en provenance du Libéria saisis à Divo, 2 personnes interpellées.
La première personne a été interpellée au moment où elle
marchandait une pointe d’ivoire de 32 kg dans une enceinte de la ville. La seconde
personne quant à elle a été interpellée quelques heures plus tard à la gare de
taxis communaux de Divo. Les arrestations
ont été possibles grâce au fruit de la collaboration entre l’Unité de lutte
contre la criminalité transnationale organisée (UCT), la Direction de la police
forestière et de l’Eau du ministère des Eaux et Forêts (DPFE-MINEF) et
EAGLE-Côte d’Ivoire, dont ils ont bénéficié de l’assistance technique.
Pour passer inaperçu, le premier interpellé a pris le
soin de scinder en deux la pointe d’ivoire appartenant probablement à un
éléphant de plus de 4 tonnes puis l’a dissimulée dans deux sacs de riz de 100
kg chacun. Il l’a ensuite transporté pour la vendre dans une enceinte de la
ville de Divo où il a été interpellé.
L’interpellation faite, les éléments de l’UCT
remontent de fil en aiguille pour interpeller une heure plus tard, le complice qui attendait patiemment à la gare des taxis de la ville située à 4
km du lieu de la transaction pour récupérer son dû. L’enquête révèle que ce
dernier a obtenu illégalement l’ivoire au Libéria, pays frontalier du côté ouest
de la Côte d’Ivoire et l’a acheminé à Divo pour une valeur marchande plus
grande.
Arrêtés,
pour flagrant délit de détention, de circulation et de commercialisation
illégale de produits fauniques, les prévenus ont été placés dans la foulée en
garde à vue au commissariat du 1er arrondissement de Divo, puis
conduits à l’UCT à Abidjan le mercredi 10 septembre 2025. Après quoi, ils ont
été déférés le vendredi 12 septembre 2025. L’affaire a été mise en
instruction et les suspects ont été placés sous mandat de dépôt au Pôle
pénitentiaire d’Abidjan, ex-Maca.
Si les deux (02) contrebandiers sont reconnus
coupables, ils risquent une peine d’emprisonnement allant de dix (10) ans à
vingt (20) ans et d’une amende de 10 millions à 100 millions de francs CFA si
l’on se réfère à la loi N°2024-364 du 11 juin 2024 portant gestion de la faune.
Le commerce international de l’ivoire est déclaré
illégal depuis 1989, mais les populations d’éléphants d’Afrique continuent de
décroitre. Chaque année 20.000 à 30.000 éléphants sont tués pour leurs ivoires,
selon le Fonds mondial pour la nature (WWF) ; équivalent de 50 à 80
individus par jour.
Selon le rapport 2016 de l’'Union internationale pour
la conservation de la nature (UICN) sur le statut des éléphants
africains, la population d’éléphants en Afrique de l’ouest oscillerait
entre 2500 et 11.000 éléphants et entre 200 et 600 en Côte d’Ivoire, dont une
centaine dans le parc National de la Comoé, une population encore très fragile
qui aura besoin de plusieurs années pour se reconstituer.
Deux grands facteurs sont considérés comme étant la cause de cette baisse drastique de l’effectif des éléphants : d’une part, l’accroissement du trafic illégal d’animaux lié à la forte demande internationale de l’ivoire et d’autre part, l’exploitation abusive des ressources naturelles nécessaires aux éléphants du fait de l’agriculture industrielle et des occupations anarchiques de leur habitat.
Sercom



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